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«Rêve de chamane»

http://www.festivalphoto-lagacilly.com

Nous voilà au bout du monde, ou à ses origines. Le Rio Jordao apparait, tel un anaconda, dessine ses méandres dans un écrin de mystères à quelques kilomètres de la frontière péruvienne. Nous sommes au nord du Brésil, dans l'état de l'Acre, tout près de la frontière bolivienne. Une région peuplée majoritairement par les Huni Kuin, une tribu chamanique. Quand leur territoire, jusque-là inexploré fut annexé en 1903 par l'état brésilien, la fièvre du caoutchouc s'empara des nouveaux arrivants . Les tribus furent décimées quand elles refusèrent de s'enrôler comme esclaves pour les barons de l' «or noir», les grands propriétaires du latex. Durant un siècle, les rituels et les savoirs des anciens furent pratiqués dans le plus grand secret, ou tombèrent dans l'oubli. Jusqu'au jour où Ika Muru, un jeune Huni Kuin, se rendit chez les Indiens Ashaninkas. Là, il eut une vision lui dictant d'entretenir la mémoire de sa tribu, un rêve qu'il décrit ainsi : « C'est dans leur histoire et leur connaissance ancestrale que les peuples de la forêt trouveront les solutions et la force nécessaire afin de protéger leur environnement intimement lié à leur existence et à l'équilibre naturel du monde ». Un message qu'il convient, plus que jamais, de méditer... En 1983, il parvint à délimiter avec des anthropologues le premier territoire des Huni Kuin. Dès lors, il n'aura pour but que de valoriser et transmettre l'immense culture de son peuple, dont l'essence même réside dans la connaissance des plantes qui l'entourent. Ika Muru Agostinho Huru Kuin s'est éteint le 25 décembre 2011. Cette exposition lui est dédiée.

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Nous voilà au bout du monde, ou à ses origines. Le Rio Jordao apparait, tel un anaconda, dessine ses méandres dans un écrin de mystères à quelques kilomètres de la frontière péruvienne. Nous sommes au nord du Brésil, dans l'état de l'Acre, tout près de la frontière bolivienne. Une région peuplée majoritairement par les Huni Kuin, une tribu chamanique. Quand leur territoire, jusque-là inexploré fut annexé en 1903 par l'état brésilien, la fièvre du caoutchouc s'empara des nouveaux arrivants . Les tribus furent décimées quand elles refusèrent de s'enrôler comme esclaves pour les barons de l' «or noir», les grands propriétaires du latex. Durant un siècle, les rituels et les savoirs des anciens furent pratiqués dans le plus grand secret, ou tombèrent dans l'oubli. Jusqu'au jour où Ika Muru, un jeune Huni Kuin, se rendit chez les Indiens Ashaninkas. Là, il eut une vision lui dictant d'entretenir la mémoire de sa tribu, un rêve qu'il décrit ainsi : « C'est dans leur histoire et leur connaissance ancestrale que les peuples de la forêt trouveront les solutions et la force nécessaire afin de protéger leur environnement intimement lié à leur existence et à l'équilibre naturel du monde ». Un message qu'il convient, plus que jamais, de méditer... En 1983, il parvint à délimiter avec des anthropologues le premier territoire des Huni Kuin. Dès lors, il n'aura pour but que de valoriser et transmettre l'immense culture de son peuple, dont l'essence même réside dans la connaissance des plantes qui l'entourent. Ika Muru Agostinho Huru Kuin s'est éteint le 25 décembre 2011. Cette exposition lui est dédiée.