MAROC La renaissance de SIDI IFNI

18 images Created 29 Jun 2011

Aux portes de l'Océan et du Sahara, portée par les rêves de la démocratie, Sidi Ifni renaît des brumes. Les meneurs de l'Intifada social de juin 2008 raflent les élections municipales de 2009. Les nouveaux « Che Guevara »ont 6 ans pour mettre en application leurs revendications.
Embrassée par les courants froids de l'océan Atlantique et les vents chauds du Sahara, Sidi Ifni, blanche et bleue vit dans la brume. Capitale de l'exil, ancien fief espagnol aux portes du désert, le chef-lieu de la grande tribu des Aît Baâmaranes est ombrée par cinquante années d'oublis. L'abandon serait la conséquence de ses insoumissions.
Depuis 2005, un vent de contestations monte en puissance. En juin 2008, Sidi Ifni est assiégé.14000 soldats bouclent la ville et ses 20000 habitants. Le port est occupé par les contestataires. Le poumon économique de la région est paralysé pendant 9 jours. À l'origine, 3 ans de revendications pour signaler les dérives sociales de cette région déshéritée du Maroc. A la tête aucun parti ni syndicat, mais des leaders coordonnant un certain "secrétariat local". Une idée qui se transforme en idéal populaire balayant d'une traînée de poudre tout le Maroc. Des revendications concrètes : routes, hôpital, désensablement du port visent à désenclaver cette porte du Sahara vers l'Océan. Dans un pays qui réprimande très fortement tout rassemblement populaire, les négociations s'arment de violence. Les insurgés sont arrêtés et mis en prison. Khadija Zhian, et d'autres écopent de plus de 6 mois de prison. Les meneurs de cet Intifada social, El Ouahdani, Boufim, Zhian, Sballil ont des rêves à faire valoir. Étudiants en poésie, en littérature, négociant en pêche, ils croient encore à l'élite politique. En juin 2009 les nouveaux Che Guevara se présentent aux élections municipales avec les mêmes banderoles revendicatives. Renversement de l'histoire, ils explosent la majorité absolue en remportant 23 voix sur 25.
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